dimanche 28 octobre 2012

Son sourire se forme, et suit sur ses bras blancs


Naissance de Vénus, Paul Valery



Qu’éplore l’orient d’une épaule meurtrie,
De l’humide Thétis la pure pierrerie,
Et sa tresse se fraye un frisson sur ses flancs.
Paul Valéry


samedi 27 octobre 2012

Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone.



Antigone, pièce de Jean Anouilh.



Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout-à-l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.

Jean Anouilh


mercredi 17 octobre 2012

La tempête a béni mes éveils maritimes.


Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre


Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !
Arthur Rimbaud

lundi 15 octobre 2012

Cette lumière peut-elle

Rainer Maria RILKE - Vergers

tout un monde nous rendre ?
Est-ce plutôt la nouvelle
ombre, tremblante et tendre,
qui nous rattache à lui ?
Elle qui tant nous ressemble
et qui tourne et tremble
autour d’un étrange appui.
Rainer Maria Rilke


samedi 22 septembre 2012

Enfin, il est en ma puissance,

Armide, Tragédie Lyrique de Jean Baptiste Lully et Philippe Quinault

Ce fatal ennemi, ce superbe vainqueur ;
Le charme du sommeil le livre à ma vengeance :
Je vais percer son invincible cœur.


Philippe Quinault

jeudi 20 septembre 2012

Au midi vide qui dort,

La déesse, Rainer Maria Rilke

Combien de fois elle passe
Sans laisser à la terrasse
Le moindre soupçon d'un corps.


Rainer Maria Rilke


mardi 4 septembre 2012

Un iris y fleurit, hardi comme une lance,

A l'heure des mains jointes - Renée Vivien




Et le songe de l’eau s’y marie au silence.

Aucun souffle ne fait balancer les roseaux.
Le ciel qui s’y reflète a la couleur des eaux.
Renée Vivien

samedi 1 septembre 2012

Endors-toi sans tarder en ton repos suprême,


Requies, Charles Marie Leconte de Lisle

Et souviens-toi, vivant dans l’ombre enseveli,
Qu’il n’est plus dans ce monde un seul être qui t’aime.

Charles Marie Leconte de Lisle



mardi 28 août 2012

Ayant tant de malheurs gémi profondément,

Je vis une cité quasi semblable à celle
Que vit le messager de la bonne nouvelle,
Mais bâti sur le sable était son fondement.

Les antiquités de Rome, Joachim Du Bellay

Joachim Du Bellay